Barnabé écoute.
Il écoute les conversations qui traînent autour d'une table, les souvenirs de famille, les colères discrètes, les éclats de rire, les doutes que l'on cache derrière les sourires. Depuis toujours, il préfère souvent tendre l'oreille plutôt que prendre toute la place dans la discussion. Les chansons sont arrivées comme une évidence : sa manière à lui de participer à la conversation.
Né en Belgique en 1993, il grandit au milieu des chansons de Brel, Brassens, Ferré, Renaud, Yves Duteil, Henri Tachan ou Lynda Lemay. Chez lui, la chanson n'est pas un genre musical parmi d'autres. C'est une façon de raconter le monde, de transmettre des émotions et de créer du lien. Très jeune, il découvre que quelques accords de guitare et quelques mots bien choisis peuvent parfois dire ce qu'il n'oserait jamais exprimer autrement.
À seize ans, il reçoit le Prix de la Ministre de l'Enseignement lors d'un concours organisé par les Jeunesses Musicales. Quelques années plus tard, il entre au Conservatoire royal de Bruxelles en art dramatique. Il y rencontre Manon Romain, avec qui il fonde la compagnie Vivre en Fol. Ensemble, ils créent avec leurs camarades de troupe des spectacles jeune public . Auteur de nombreux spectacles et de plusieurs albums destinés aux enfants, Barnabé n'a pourtant jamais cessé de nourrir son propre chemin de chanteur.
En 2017 paraît Un sourire en coin, un premier album acoustique enregistré avec son complice Pierre Simon. Trois ans plus tard suit La croisée des copains, qui marque notamment sa rencontre avec la violoniste Aurélie Goudar. Puis vient Solitaire Collectif en 2024. Alors jeune père de famille, il y explore les liens qui nous unissent, la transmission, la tendresse et les bouleversements de la paternité. Une étape importante dans son parcours d'auteur.
La rencontre avec la musicienne et directrice musicale Line Adam ouvre ensuite de nouveaux horizons. Ensemble, ils développent un univers musical plus ample tout en restant profondément attachés aux textes.
Parallèlement, Barnabé et Manon donnent naissance à La Templerie des Hiboux, un petit écrin consacré en grande partie à la chanson. Dans ce lieu niché à Temploux se croisent depuis plusieurs années des ambassadeurs et ambassadrices de cette chanson, issus de toute la francophonie. Une aventure qui nourrit chaque jour un peu plus son regard sur le monde et sur son métier.
En 2024 puis en 2025, Barnabé participe à plusieurs résidences d'écriture à Astaffort, au sein de Voix du Sud, la structure fondée par Francis Cabrel. Il y échange notamment avec Daran, Pierre-Yves Lebert ou Julien Lebar. Deux parenthèses précieuses qui accompagneront la naissance des chansons de son quatrième album.
Cet album s'appelle L'Abeille.
Comme l'insecte qui lui donne son nom, Barnabé y butine les mots, les moments et les émotions glanés au fil des rencontres. Au fil des chansons apparaissent des jardins, des fleurs, des bouquets, des fratries, des colères, des fragilités, des souvenirs et beaucoup d'humanité. Sans l'avoir prémédité, un fil rouge s'est tissé d'une chanson à l'autre jusqu'à donner son titre au disque.
Plus intime dans sa forme, porté par le piano de Line Adam, quelques guitares, une trompette et des arrangements volontairement épurés, L'Abeille est pourtant sans doute l'album le plus ouvert sur le monde de Barnabé. On y parle de santé mentale, de vieillesse, de fraternité, d'enfance, de colère, de famille et surtout de ce qui nous relie les uns aux autres.
Après plus de quinze ans de scène, quatre albums et des centaines de rencontres, Barnabé continue simplement de creuser son sillon dans la chanson francophone.
Doucement.
Sincèrement.
Et avec l'impression que le plus beau reste peut-être encore à venir.